© Fort de Guentrange - Thionville | STEPHANE THEVENIN

Théâtre de la Première et Seconde Guerre Mondiale

Dans la deuxième moitié du XIXème siècle, le Pays Thionvillois va vivre des changements au niveau de ses frontières et de son paysage.

Le commencement

La guerre franco prussienne

Après la capitulation de la ville de Metz, les troupes prussiennes se mettent en quête d’une autre cité mosellane. Thionville subit un terrible bombardement le 22 novembre 1870. Durant ce siège, 283 bombes et 8322 obus s’abattent sur son centre. Le 25 novembre, la ville capitule et elle est occupée par les Prussiens. Elle devient Diedenhofen.

Le traité de Francfort est signé le 10 mai 1871, Thionville est officiellement allemande.

Les Festen

Suite à la crise de l’obus torpille, les forts traditionnels en pierre de taille sont vulnérables. C’est l’apparition d’un nouveau système de fortification, les festen. Pour protéger la vallée de la Moselle, les Allemands construisent une seconde ceinture fortifiée autour de Metz et une autour de Thionville. Voici la naissance du Moselstellung.

Le principe de feste ou groupe fortifié est d’utiliser l’espace avec une différence de fortification : caserne, tranchée bétonnée, abri, observatoire ou encore des batteries d’artillerie. Le tout relié par des galeries souterraines, en béton armé et d’équipements cuirassés.

Les festen ont le confort le plus moderne pour le début du XXème siècle : chauffage central, douche, cuisine ou encore usine électrique.

Naissance de la ligne Maginot

Suite à l’évolution de l’armement durant la Première Guerre mondiale, les festen sont déjà obsolètes.

Le retour de l’Alsace-Moselle à la France en 1919 avec le traité de Versailles redessine les frontières et entraîne la construction d’une nouvelle fortification. C’est la naissance de la ligne Maginot.

La Commission de défense des frontières en 1925 inscrit dans ses conclusions la Moselle comme zone prioritaire à fortifier. Parmi eux, 2 secteurs des plus puissants de la région fortifié de Metz : le secteur fortifié de Thionville et de Boulay.

Zoom sur le Michelsberg

Les défenseurs invaincus

Attaque du 21 juin 1940 : La 95 Infanterie Division allemande tente d’attaquer l’ouvrage par son entrée. Elle tombe sur les blocs 9 et 9 bis qui ouvrent le feu avec leurs mitrailleuses. Cependant, il faudra un appui de l’artillerie du Michelsberg pour stopper cette attaque.

Attaque du 22 juin 1940 : C’est la plus grosse journée de combat au niveau du Michelsberg, les blocs 2 et 3 sont pris pour cible par 4 canons de 88 Flak. Par peur que le béton soit percé, le commandant de l’ouvrage laisse un minimum d’effectif. Dès l’interruption des tirs, les canons allemands sont repérés et détruits après seulement 12 obus de 135 mm.

La ligne Maginot

en action

La ligne Maginot est un ensemble de différentes fortifications : ouvrage d’artillerie, d’infanterie, casemate, abri, poste de commandement. On retrouve des ouvrages d’artillerie très modernes pour l’époque : usine électrique, cuisine, train ou encore tourelle. Un de ses mastodontes est l’ouvrage du Hackenberg avec ses 10 kilomètres de galerie.

Cette fortification va connaître l’épreuve du feu lors de la bataille de France.  Les Festen et l’ouvrage du Hackenberg sont utilisés par l’armée allemande à l’automne 1944 pour retarder l’avancée américaine dans le Pays Thionvillois.