© Hôtel De Ville de Thionville | STEPHANE THEVENIN

Les soeurs Clarisses

s’installent à Thionville

Installées dans le duché de Luxembourg depuis le XIVe siècle, les religieuses de Sainte Claire d’Assise ou Clarisses, obtiennent d’Isabelle-Eugénie, archiduchesse d’Autriche et infante d’Espagne, l’autorisation de s’installer à Thionville. Nous sommes alors en 1629 et Thionville appartient aux Pays-Bas espagnols sous domination du roi Philippe IV de la maison de Habsbourg.

L’installation

Quatre religieuses s’installent rue de la Vieille Porte : les édiles municipaux leur confient l’éducation des jeunes filles. Mais les sœurs se sentent bientôt à l’étroit dans leur maison et, en 1635, elles obtiennent du Cardinal Infant Ferdinand d’Autriche, un terrain sur la « grande plate-forme » en bordure de la Moselle pour y édifier un couvent qui sera achevé en 1641. Mais, le siège de 1643 mettra à mal le bâtiment. À cette date, au nom de Louis XIV, le Grand Condé prend Thionville, qui entre dans le royaume de France. La place-forte devient alors la première conquête du Roi Soleil. Les ordres religieux étrangers sont suspectés et certains chassés de la ville, à l’instar des Augustins et Capucins. Toutefois, les Clarisses ne sont pas inquiétées et les autorités permettent la reconstruction de la bâtisse. Les travaux dureront jusqu’en 1665.

L’agrandissement

En 1695, le Couvent s’agrandit d’une aile en bordure de l’actuelle rue Georges Ditsch, date indiquée sur la façade. Un siècle plus tard, le couvent compte treize religieuses et un abbé confesseur. La haute toiture d’ardoises et les lucarnes flanquées d’ailerons sont caractéristiques de l’architecture d’influence luxembourgeoise, tandis que les arcades de la façade, encore visibles, sont vraisemblablement les vestiges du cloître. La chapelle, construite vers 1664-1665, est ornée de lambris au XVIIIe siècle.

La Révolution

Lors de la Révolution, la municipalité de Thionville met quelque temps à exécuter l’arrêté du 13 février 1790 supprimant les ordres religieux. Pour les Clarisses de Thionville, la vie continue, malgré des saisies d’objets décrétés comme non indispensables ou l’obligation de fermer leur église aux fidèles. Durant le siège de la ville de 1792, des vivres sont entreposées dans le lieu de prière. Mais le 20 octobre 1792 est prononcée l’évacuation du couvent. Le mobilier est cédé en tant que bien national. Une partie du lieu sera convertie en bâtiment militaire tandis que la chapelle servira de salle de réunion au club des Jacobins.

De l’hospice municipal

à la mairie

En 1803, l’Etat concède à la municipalité de Thionville les biens des Clarisses, bâtiments et enclos pour la somme de 24200 francs. Le 29 novembre 1804, l’ancien couvent devient le nouvel établissement hospitalier de la ville, avec, fait nouveau, des lits réservés pour les militaires en cas de surfréquentation de l’hôpital des armées, situé en front de Moselle. Enfin, en 1899, le bâtiment devient la mairie de Thionville. La façade et la couverture ont été inscrites à l’inventaire des Monuments Historiques en 1991.

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