© Quartier de Guentrange | STEPHANE THEVENIN
Guentrange

Guentrange, ancien village viticole

Ancien village viticole, le quartier de Guentrange domine le paysage thionvillois. Quelle est son histoire ? Le nom de Guentrange n’apparaît qu’en 1147 dans les cartulaires de l’abbaye de Villers-Bettnach sous l’appellation de Guntringas, alors possession des comtes de Luxembourg.

L’âge d’or

de l’exploitation viticole

Comme Thionville, Guentrange n’est ni une ville ni un village à l’époque gallo-romaine. Plusieurs petites exploitations sont émiettées sur le relief mais aucune existence administrative d’ampleur. Son âge d’or arrive au XIX° siècle lorsque les armées de la Révolution, puis de l’empire deviennent de bons clients au vin Guentrangeois, dont on dit que le rouge est le meilleur du département de la Moselle, tandis que le blanc est agréable.

Au XX° siècle, les maladies, la concurrence des vins méridionaux, et la grande désertion des fils de vignerons, qui vont chercher un travail et un salaire fixe dans les complexes industriels construits en contrebas, provoquent la dislocation progressive des terrains viticoles de Guentrange.

Balade et architecture

En parcourant le village, balade agréable, bucolique et poétique, on ne peut que deviner et relever le fonctionnement du quartier et sa hiérarchie sociale d’antan. Les maisons les plus petites sont celles des manouvriers.

Elles se composent d’une pièce unique carré, de plain-pied avec, en pignon une cheminée et un four, et sont rattachées à une grosse exploitation. La façade, généralement en gouttereau, a pour ouverture une porte et une petite fenêtre. Une table, des bancs, des lits, une armoire font office de mobilier. Elles possèdent parfois un petit grenier accessible pas une gerbière. Vous pouvez en retrouver une au 26 de la rue Guérin.

Maison de vigneron

La maison de vigneron, plus grande, est de type maisons lorraines. Elle est traversée par un couloir allant de la porte d’entrée à l’arrière-cour. Légèrement incliné, il permet de transporter les tonneaux jusqu’au bâtiment situé à l’arrière de la maison. La porte d’entrée est centrale, le plus souvent située entre deux fenêtres au premier étage. Certaines sont construites sur cave avec un escalier extérieur permettant d’accéder au logement. Deux beaux exemples se trouvent aux 38 et 4 de la rue Guérin.

Maison de maître

Enfin, la maison de maître est la maison du Bourgeois, riche propriétaire venu s’installer sur la colline pour profiter du calme et du commerce du vin. Grande propriété possédant plusieurs travées, elle est souvent composée de la façon suivante : le chai, la grange, l’habitation avec une partie réservée au propriétaire et l’une pour les employés. Il est également possible de trouver un pigeonnier attaché ou non à la maison, signe de richesse.

La grotte de Guentrange

Le quartier de Guentrange c’est aussi la mémoire des rituels et cultes privés. La grotte de Guentrange en est aussi un témoignage. En 1943, la famille Muller de Guentrange est envoyée de force en Silésie par les nazis. Pendant cet exil forcé ils font une promesse à la Vierge, s’ils reviennent tous les quatre, ils construiront une grotte à Guentrange. A leur retour, la promesse est tenue et c’est l’abbé qui leur propose cet emplacement. La grotte est construite en 1949 avec des pierres du crassier.

Saint-Urbain

protecteur des vignes

Au coeur du village, l’église Saint-Urbain de Guentrange fait son apparition. C’est une ancienne chapelle construite à la fin du XVII° siècle. Pourquoi Saint-Urbain ? C’est le protecteur des vignes. Sa fête, le 25 mai annonçait si la vendange était sauvée ou non, car passé cette date il n’y avait plus de risque de gel.

Il est coutume à Guentrange, à cette date de faire une procession : la statue de Saint-Urbain est portée par 6 maîtres de la confrérie et 6 de la corporation des vignerons et tonneliers. Quand la vigne gelait, on jetait la statue dans les haies et la procession se faisait sans Saint-Urbain.