© Porte Saarelouis - Thionville | STEPHANE THEVENIN

Le Couronné de Yutz

De 1746 à 1752, Louis de Cormontaigne complète le système de défense de la ville par le couronné de Yutz. Sur la rive droite sont ajoutés trois bastions, deux demi-lunes et la monumentale porte de Sarrelouis. Le canal des fortifications est creusé, il est défendu par deux ponts-écluses, permettant d’inonder la zone en cas d’invasion ennemie. Ce dispositif savant et rare ne se retrouve en Lorraine qu’à Verdun.

D’autres bâtiments bien cachés rappellent l’utilité militaire de ce secteur comme une infirmerie de chevaux (actuel magasin solidaire RecyThi) et un manège de la cavalerie du XIXème siècle. Ouvrez l’œil !

Un fortification

en couronne

Le couronné de Yutz porte ce nom en raison de sa forme de… couronne. Elle reprend les théories et nombreuses constructions de Vauban, qui avait alerté sur l’importance de protéger la rive droite. Il ne verra pas le projet de Thionville repris presque 50 ans après. Cette nouvelle ligne de fortification comprend trois bastions, la porte de Sarrelouis et un canal de dérivation. Celui-ci sera enrichi de deux ponts-écluse ! La végétation recouvre quasiment l’intégralité des fortifications.

La porte de Sarrelouis

La porte de Sarrelouis est le passage obligatoire d’entrée de ville. Elle se fait par Basse-Yutz. A l’inverse de ses ancêtres du règne du Roi Soleil, la porte est très sobre et peu esthétique. Le XVIIIème siècle prône davantage l’utilité que le décor et les souverains qui accompagnent ce siècle des Lumières, ne véhiculent pas la même image et n’ont pas le goût de la mise en scène de leur prédécesseur.

On y trouve donc uniquement des moulures aux frontons et corniches. Aujourd’hui la lecture de cette porte est difficile puisque pendant l’Annexion allemande, elle est fortement remaniée pour être transformée en bunker. Cela pour plusieurs raisons, la praticité en cas d’émeute, la symbolique de la présence militaire.

Les ponts-écluses

Rares témoignages architecturaux en France, construits sur le canal de dérivation de la Moselle, ils s’élèvent en 1746. Leur objectif premier, limiter les débordements de la Moselle et contrôler le trafic fluvial. Seconde mission, permettre le franchissement de cette nouvelle petite rivière. Dernier atout, et pas des moindres, proposer un espace supplémentaire pour entreposer du matériel militaire et des stocks alimentaires.

Au-delà de leur aspect tout à fait pacifique, les deux ponts-écluses pouvaient déchainer les éléments en cas d’attaque et devenir de réels atouts défensifs pour Thionville. En effet, la manœuvre du système ingénieux des vannes permettait de provoquer des inondations en amont du pont sud et de constituer une réserve d’eau pouvant être relâchée en aval du pont nord.